Quel coût réel paiera chacun de vous dans un divorce à l’amiable, une fois séparés les honoraires de chaque avocat, le dépôt chez le notaire et l’éventuel partage d’un bien ? Le « prix du divorce » cache souvent deux factures. Parfois trois.
Alors regardons qui paie quoi, ligne par ligne. Et voyons comment répartir les frais communs, parce que la loi fixe peu de règles sur ce point et laisse les époux en décider dans leur convention, ce qui ouvre une négociation de plus au moment où chacun surveille ses dépenses.
📌 En bref : Je rappelle d’abord que chaque époux paie son propre avocat, même à l’amiable. Le dépôt de la convention chez le notaire coûte 49,44 € TTC. S’il y a un bien immobilier, l’acte de liquidation ajoute les émoluments du notaire et un droit de partage de 1,1 % de l’actif net. Et la répartition de ces frais communs se décide dans la convention.
Les honoraires de chaque avocat
Dans un divorce à l’amiable, chaque époux choisit et paie son propre avocat. Les honoraires sont libres et fixés par une convention d’honoraires écrite, souvent sous forme de forfait pour un consentement mutuel simple. Le montant dépend de la ville, de l’avocat et de la complexité du dossier.

Votre avocat n’est payé que par vous.
Cette règle garantit son indépendance, puisqu’il défend vos seuls intérêts et ne peut pas recevoir d’instructions de votre conjoint, même quand les deux avocats travaillent ensemble à la rédaction d’une convention commune. Mais elle double la facture. Elle ne se partage pas. C’est la règle. Alors comparez les forfaits en connaissance de cause.
Le dépôt chez le notaire
Après la signature, la convention est déposée chez le notaire, qui lui donne date certaine et force exécutoire. Ce dépôt coûte 41,20 € HT, soit 49,44 € TTC. C’est un tarif réglementé, identique partout en France, que les époux répartissent en général par moitié.
Le dépôt est le poste le plus faible.
Ainsi, beaucoup de couples s’étonnent de la modestie de ce montant, puis découvrent que le notaire facture séparément l’acte de liquidation lorsqu’un bien immobilier doit être partagé, avec des émoluments réglementés calculés sur la valeur du bien et des débours. Demandez les deux montants. Distinguez-les. Notez-les. Alors vous ne confondrez pas le dépôt et le partage.
💡 Le saviez-vous ?
L’aide juridictionnelle s’applique aussi au divorce par consentement mutuel sans juge. Chaque époux la demande pour son propre avocat, selon ses seules ressources, et elle peut couvrir tout ou partie des honoraires.
Le partage d’un bien immobilier
Quand les époux possèdent un bien immobilier, la liquidation du régime matrimonial passe par un acte notarié, annexé à la convention. Il entraîne des émoluments réglementés et un droit de partage de 1,1 % calculé sur l’actif net, c’est-à-dire la valeur des biens diminuée des dettes.
Le droit de partage dépend du crédit restant.
Pourtant, beaucoup de couples l’estiment sur la valeur brute du logement, ce qui gonfle artificiellement le budget, alors qu’un crédit important réduit nettement l’actif net et donc l’impôt, surtout pour un bien acheté depuis peu avec un emprunt élevé. Demandez le calcul exact au notaire. Vérifiez le capital restant dû. Gardez le détail. Alors le chiffre sera juste.
| Poste | Montant | Qui paie en général |
|---|---|---|
| Avocat de chaque époux | Libre, selon convention | Chaque époux pour le sien |
| Dépôt chez le notaire | 49,44 € TTC | Partagé par moitié |
| Acte de liquidation | Émoluments réglementés | Selon la convention |
| Droit de partage | 1,1 % de l’actif net | Selon la convention |
Répartir les frais communs
La loi laisse les époux libres de répartir les frais communs, comme le dépôt, l’acte de liquidation et le droit de partage. La convention précise cette répartition, souvent par moitié, parfois au prorata des parts reçues ou à la charge de celui qui conserve le logement.

La répartition se négocie comme le reste.
Et elle mérite d’être pensée avec le partage lui-même, car l’époux qui garde la maison et verse une soulte supporte déjà un effort de financement important, et lui faire payer en plus la totalité des frais de liquidation peut déséquilibrer l’ensemble de l’accord. Chiffrez les deux options. Comparez-les. Écrivez la règle. Alors personne ne découvrira une facture inattendue.
✅ Les plus d’un partage par moitié
- Simple à comprendre
- Perçu comme équitable
- Facile à écrire dans la convention
⚠️ Les limites
- Ignore l’écart de revenus
- Peut peser sur celui qui rachète le logement
- Ne tient pas compte des parts reçues
Je propose souvent un partage au prorata des parts quand un bien est racheté.
Ce qui fait grimper la facture
Trois facteurs font grimper le coût d’un divorce à l’amiable : un désaccord qui oblige à multiplier les rendez-vous, des pièces qui manquent et un patrimoine complexe. Un forfait d’avocat prévoit souvent un nombre limité de rendez-vous, au-delà duquel chaque échange est facturé en plus.
Chaque rendez-vous supplémentaire se paie.
Cependant, ces surcoûts ne sont pas une fatalité, et un couple qui arrive avec un dossier complet et un accord déjà chiffré sur le logement et les enfants reste presque toujours dans le cadre du forfait annoncé au départ. Préparez vos pièces. Tranchez les questions simples à deux. Envoyez tout d’un coup. Alors le forfait restera un forfait.
🗂️ Cas type
Un cas fréquent : un couple propriétaire d’un appartement estimé 240 000 €, avec 160 000 € de crédit restant, divorce à l’amiable. L’actif net est de 80 000 €, le droit de partage d’environ 880 €. Ils décident que celui qui garde l’appartement paie le droit de partage, et que le dépôt est partagé. La leçon : le crédit restant réduit l’impôt du partage.
Payer moins sans se fragiliser
Payer moins est possible sans fragiliser l’accord. Vérifier son éligibilité à l’aide juridictionnelle, demander deux devis, préparer un dossier complet et régler à deux les points simples réduisent la facture. Renoncer à une vérification sur les biens ou la prestation compensatoire, par contre, coûte souvent plus cher.
La relecture n’est pas une dépense inutile.
Mais elle demande du temps d’avocat, et certains forfaits très bas réduisent justement ce temps au minimum, au risque de laisser passer une clause floue sur la pension ou une erreur dans le calcul de la soulte qui coûtera bien plus que l’économie réalisée. Lisez la convention d’honoraires. Vérifiez ce qu’elle couvre. Posez vos questions. Alors le prix bas ne cachera pas un risque.
⚠️ Piège classique
Croire que le prix affiché par un avocat couvre « le divorce ». Il couvre ses honoraires, pas ceux de l’avocat de votre conjoint, ni les frais du notaire, ni le droit de partage si un bien est concerné. Demandez toujours un budget complet.
Pour réduire la facture, lisez nos pistes pour un divorce moins cher. La procédure elle-même est détaillée dans notre guide du consentement mutuel sans juge. Et pour le dépôt, voyez le rôle du notaire.
Arbitrer ligne par ligne
Un divorce à l’amiable coûte deux honoraires d’avocats, un dépôt de 49,44 € et, si un bien immobilier est partagé, un acte notarié et un droit de partage. La répartition des frais communs se décide dans la convention, et elle mérite d’être pensée avec le partage pour ne pas déséquilibrer l’accord trouvé entre les deux époux, surtout quand l’un d’eux rachète le logement familial.
Demain matin, qui absorbe ce coût ?
Chaque époux, pour son avocat. Le couple, pour le notaire. Et parfois un seul, s’il garde la maison. Alors écrivez la répartition. Signez-la. Quelle ligne de votre budget de divorce pourriez-vous vérifier dès demain ?
Questions fréquentes
Chaque époux paie son avocat, dont les honoraires sont libres. S’ajoutent 49,44 € TTC de dépôt chez le notaire et, en cas de bien immobilier, un acte de liquidation et un droit de partage de 1,1 % de l’actif net.
La convention fixe la répartition. Le dépôt est souvent partagé par moitié, les frais de liquidation selon l’accord des époux.
Oui. Chaque époux peut la demander pour son propre avocat, selon ses seules ressources.
Il est dû lorsque le partage des biens est constaté par un acte. Il se calcule sur l’actif net, après déduction des dettes.




