Quel coût aura un partage calculé sur une valeur du logement vieille de deux ans, si le marché a bougé et que l’un de vous a payé seul le crédit depuis la séparation ? La liquidation transforme des années de vie commune en chiffres. Ils doivent être justes.
Alors voyons comment se construit ce calcul. Et voyons ce qui le fait varier, parce que la qualification des biens, les récompenses, la date d’évaluation et l’indemnité d’occupation peuvent déplacer des dizaines de milliers d’euros d’un époux à l’autre, sans que personne n’ait triché. Chaque ligne compte.
📌 Ce qu’il faut retenir : Je résume la méthode en régime légal : séparer les biens propres des biens communs, chiffrer les biens communs à une date proche du partage, calculer les récompenses entre la communauté et chaque époux, déduire les dettes, puis partager l’actif net par moitié. Un notaire est obligatoire dès qu’il y a un bien immobilier. Le droit de partage est de 1,1 %.
Biens propres et biens communs
Dans le régime légal de la communauté réduite aux acquêts, les biens acquis pendant le mariage sont communs, quel que soit celui qui les a payés. Restent propres les biens possédés avant le mariage et ceux reçus par donation ou succession. Seuls les biens communs se partagent par moitié.

La qualification décide de tout le reste.
Pourtant la frontière n’est pas toujours nette, quand un bien propre a été vendu pour en acheter un autre, ou quand des fonds hérités ont été versés sur un compte joint et mélangés à l’épargne commune, ce qui rend leur origine difficile à prouver des années après. Retrouvez les actes de donation et de succession. Gardez les relevés de l’époque. Le temps aide. Alors vos biens propres seront reconnus.
| Bien | Qualification | Preuve utile |
|---|---|---|
| Acheté pendant le mariage | Commun | Acte d’achat |
| Possédé avant le mariage | Propre | Acte antérieur |
| Reçu par donation ou succession | Propre | Acte notarié |
| Salaires et revenus | Communs une fois perçus | Relevés |
| Acheté avec des fonds propres | Propre si clause de remploi | Clause dans l’acte |
Les récompenses entre époux et communauté
Les récompenses corrigent les flux d’argent entre les biens propres et la communauté. Si des fonds propres ont financé un bien commun, la communauté doit une récompense à l’époux concerné. À l’inverse, si la communauté a remboursé le crédit d’un bien propre, l’époux propriétaire doit une récompense à la communauté.
Ces montants changent fortement le partage.
Ainsi, un apport de 50 000 € issu d’une donation pour acheter le logement commun ne se perd pas dans le partage, à condition d’être prouvé, et la récompense se calcule souvent sur le profit subsistant, c’est-à-dire en proportion de la valeur actuelle du bien. Rassemblez les preuves d’apport. Demandez le calcul au notaire. Gardez une trace. Alors chaque euro reviendra à qui l’a apporté.
Profit subsistant
Quand des fonds ont servi à acquérir un bien, la récompense suit en général l’évolution de sa valeur. Si le bien a pris de la valeur, la récompense augmente aussi.
La date d’évaluation et la date des effets
Deux dates comptent. La date des effets du divorce entre époux fixe la composition de la communauté : en principe la date de la demande en divorce, ou celle de la fin de la cohabitation si un époux le demande. La date d’évaluation des biens est la plus proche possible du partage.
Un bien se chiffre à sa valeur au jour du partage.
Mais entre ces deux dates, la valeur des biens évolue, le crédit continue d’être remboursé et l’un des époux occupe parfois seul le logement, autant d’éléments qui doivent être intégrés au calcul pour que le partage soit équitable au moment où il se fait. Demandez une estimation récente. Notez les dates. Le détail compte. Alors le calcul reflétera la réalité du moment.
Dans un divorce amiable
La convention peut fixer elle-même la date des effets du divorce entre les époux pour leurs biens.
L’indemnité d’occupation et le crédit
L’époux qui occupe seul le logement commun après la date des effets du divorce doit en principe une indemnité d’occupation à l’indivision, sauf si le juge a accordé la jouissance gratuite au titre du devoir de secours. À l’inverse, celui qui rembourse seul le crédit commun a une créance sur l’indivision.

Ces deux montants se compensent souvent.
Or ils sont rarement chiffrés au moment de la séparation, et chacun découvre au partage une dette ou une créance de plusieurs milliers d’euros, calculée sur des mois voire des années d’occupation et de remboursement, qui change le montant final à verser ou à recevoir. Gardez les preuves de paiement du crédit. Notez la date de départ. Chaque dossier diffère. Alors ces comptes se feront sans surprise.
Les dettes à déduire
L’actif se calcule net de dettes. Le capital restant dû sur le crédit immobilier, les prêts personnels contractés pour le ménage et les dettes fiscales communes viennent en déduction de la valeur des biens. C’est sur cet actif net que se calcule le partage et le droit de partage de 1,1 %.
Les dettes personnelles restent à celui qui les a contractées.
Cependant la banque n’est pas tenue par le partage, et un crédit attribué à l’un des époux dans l’acte de liquidation reste dû par les deux tant que l’établissement prêteur n’a pas accepté de décharger l’autre, ce qui doit être négocié avant la signature. Demandez les décomptes à jour. Négociez la désolidarisation. Rien n’est figé. Alors le partage sera vraiment définitif.
Le rôle du notaire et du juge
Dès qu’un bien immobilier est à partager, un notaire établit l’acte de liquidation. Dans un divorce amiable, l’état liquidatif est annexé à la convention. Dans un divorce judiciaire, le juge peut désigner un notaire pour préparer un projet de liquidation pendant la procédure.
Sans immobilier, les époux peuvent partager seuls.
Et si les époux ne s’entendent pas sur la liquidation après le divorce, le juge peut être saisi pour trancher les désaccords, sur la base du projet du notaire, ce qui allonge les délais mais permet de clore définitivement la question des biens. Demandez un projet de liquidation tôt. Discutez les points sensibles. Vérifiez-le. Alors le partage ne traînera pas des années.
Coût
L’acte de liquidation supporte les émoluments réglementés du notaire et le droit de partage de 1,1 % de l’actif net partagé.
La liquidation commence par un inventaire, préparé avec notre checklist des documents financiers. Le logement en est souvent le premier sujet, et nous expliquons l’indivision après divorce. Et pour le coût fiscal, voyez notre page sur le droit de partage.
Arbitrer avec des chiffres justes
La liquidation du régime matrimonial repose sur une méthode précise : qualifier les biens, chiffrer les biens communs près du partage, calculer les récompenses, intégrer l’indemnité d’occupation et le crédit, déduire les dettes, puis partager l’actif net. Chaque étape peut déplacer des sommes importantes d’un époux à l’autre, sans que personne n’ait cherché à tricher.
Demain matin, qui absorbe ce coût ?
Celui qui n’a pas prouvé son apport. Celui qui a payé seul le crédit, si personne ne l’a noté. Mais des preuves réunies tôt changent le résultat. Alors commencez par les actes. Quelle preuve d’apport pourriez-vous retrouver demain ?
Questions fréquentes
Non, en régime légal, il reste propre à l’époux qui l’a reçu, à condition de pouvoir prouver son origine.
À la date la plus proche possible du partage, et non à la date de la séparation.
En principe oui, à partir de la date des effets du divorce, sauf si le juge a accordé la jouissance gratuite.
Oui s’il y a un bien immobilier à partager. Sans immobilier, les époux peuvent procéder seuls.




