Quel coût aura une lecture trop rapide des chiffres de 2020, si l’on en conclut que la crise sanitaire a rapproché les couples alors que les tribunaux ont surtout tourné au ralenti ? La pandémie a bouleversé les statistiques du divorce. Elle n’a pas forcément changé les couples.
Alors regardons ce que disent les chiffres officiels. Et voyons ce que cette période change encore demain, parce que les retards accumulés en 2020 ont pesé sur les délais des tribunaux, que le divorce sans juge a continué de progresser, et que les confinements ont aussi révélé des situations de violences au sein des couples. Les chiffres demandent du contexte.
📌 Ce qu’il faut retenir : Je m’appuie sur les sources officielles : les divorces prononcés par les juges sont tombés à 57 900 en 2020, en baisse de 13 % par rapport à 2019, selon le ministère de la Justice, en grande partie à cause du ralentissement des tribunaux. Les divorces sans juge enregistrés par les notaires sont passés de plus de 51 000 en 2019 à plus de 71 000 en 2021.
Une baisse en 2020
Selon les références statistiques du ministère de la Justice, les juges aux affaires familiales ont prononcé 57 900 divorces en 2020, soit 13 % de moins qu’en 2019. Cette baisse coïncide avec le premier confinement du printemps 2020, pendant lequel l’activité des tribunaux a été fortement réduite, à l’exception des contentieux urgents.

Moins de jugements ne veut pas dire moins de séparations.
Pourtant cette baisse a parfois été présentée comme un effet du rapprochement des couples pendant les confinements, alors qu’elle reflète surtout le report des audiences et le ralentissement des procédures, les séparations elles-mêmes ne se mesurant pas par le nombre de jugements prononcés. Lisez le chiffre avec son contexte. Distinguez jugements et séparations. Le détail compte. Alors la conclusion sera juste.
| Année | Nombre | Évolution |
|---|---|---|
| 2020 | 57 900 | −13 % sur un an |
| 2023 | 62 100 | −5 % sur un an |
| 2024 | 59 600 | −4 % sur un an |
Les divorces sans juge ont progressé
Pendant la même période, le divorce par consentement mutuel sans juge a continué de progresser. Selon les chiffres communiqués par le notariat, plus de 51 000 conventions ont été déposées chez les notaires en 2019, et plus de 71 000 en 2021. Cette voie, qui ne dépend pas des audiences, a été moins touchée par la fermeture des tribunaux.
Le divorce amiable a mieux résisté.
Ainsi, une partie des couples qui auraient pu attendre une audience a pu se tourner vers le divorce sans juge, et la hausse de 2021 peut aussi traduire un rattrapage de séparations différées pendant les confinements, sans qu’aucune source officielle ne permette de mesurer précisément chacun de ces effets. Gardez ces hypothèses pour ce qu’elles sont. Fiez-vous aux chiffres sourcés. Chaque dossier diffère. Alors la lecture restera prudente.
Sources
Ministère de la Justice pour les divorces judiciaires, notariat pour les conventions déposées chez les notaires.
Des tribunaux ralentis
Les reports d’audience de 2020 ont allongé les délais de traitement dans de nombreuses juridictions. Ce retard s’est ajouté à la réforme de la procédure entrée en vigueur au 1er janvier 2021, qui a supprimé l’audience de conciliation. Les justiciables ont parfois attendu plusieurs mois de plus pour obtenir des mesures provisoires.
Les retards ont pesé sur les familles.
Cependant les situations urgentes, comme les violences conjugales ou les difficultés graves concernant les enfants, sont restées traitées pendant les confinements, avec des procédures adaptées, et l’ordonnance de protection a continué d’être délivrée par les juges aux affaires familiales. Vérifiez le délai actuel de votre tribunal. Signalez toute urgence. Rien n’est figé. Alors votre dossier avancera au bon rythme.
Les violences pendant les confinements
Les confinements ont aussi mis en lumière les violences au sein des couples, avec des victimes enfermées avec leur agresseur. Des dispositifs ont été renforcés, comme l’alerte en pharmacie ou les signalements par SMS au 114. Ces situations ont souvent conduit à des séparations dans les mois suivants.

La crise a révélé des situations de danger.
Or ces séparations, engagées parfois tardivement, se sont traduites par des demandes d’ordonnance de protection et des procédures de divorce, et les réformes de 2024 ont ensuite renforcé ces protections, avec une ordonnance de protection portée à douze mois et une ordonnance provisoire possible en 24 heures. Appelez le 3919 si vous êtes concerné. En cas de danger, le 17. Vérifiez-le. Alors vous serez protégé.
Numéros utiles
17 en cas de danger immédiat. 3919 pour les violences conjugales. 114 par SMS si vous ne pouvez pas parler.
Le télétravail et la vie commune
La crise sanitaire a aussi changé l’organisation de nombreux couples, avec le télétravail et plus de temps passé ensemble. Pour certains, cette proximité a révélé des désaccords. Pour d’autres, elle a permis de se rapprocher. Aucune statistique officielle ne mesure ces effets de manière fiable.
Chaque couple a vécu la crise différemment.
Mais le télétravail a aussi modifié des questions très concrètes du divorce, comme la possibilité de s’installer plus loin de l’école des enfants, l’organisation de la garde alternée ou le choix du logement, que les parents doivent désormais intégrer à leur calendrier et à leur budget. Tenez compte de vos conditions de travail. Adaptez le calendrier. C’est fréquent. Alors l’organisation sera réaliste.
Ce que cela change aujourd’hui
Les années de crise sanitaire appartiennent au passé, mais elles rappellent qu’un chiffre de divorces dépend autant du fonctionnement des tribunaux que de la vie des couples. Aujourd’hui, environ 60 000 divorces sont prononcés chaque année par les juges, et une part importante passe par les notaires.
Les délais restent variables selon les tribunaux.
Et pour un couple qui envisage aujourd’hui de divorcer, ce qui compte reste la préparation du dossier, le degré d’accord entre les époux et le délai du tribunal compétent, que votre avocat peut vous indiquer, plutôt que les variations conjoncturelles qui ont marqué 2020 et 2021. Préparez votre dossier. Demandez le délai local. Notez-le. Alors vous anticiperez votre calendrier.
Les chiffres de la période récente sont détaillés dans nos statistiques 2025 sur les divorces. Pour une mise en perspective, voyez l’évolution depuis 2005. Et pour comparer avec nos voisins, lisez où se situe le taux de divorce français en Europe.
Arbitrer avec le contexte
La crise sanitaire a fait baisser de 13 % les divorces prononcés par les juges en 2020, surtout parce que les tribunaux ont tourné au ralenti, pendant que les divorces sans juge continuaient de progresser jusqu’à plus de 71 000 en 2021. Les chiffres ne mesurent pas les séparations elles-mêmes, et les confinements ont aussi révélé des violences au sein des couples.
Demain matin, qui absorbe ce coût ?
Vous, si une conclusion repose sur un chiffre sorti de son contexte. Votre calendrier, si le délai du tribunal est ignoré. Pourtant les sources officielles sont claires. Alors lisez-les avec leur contexte. Quel délai votre tribunal annonce-t-il demain ?
Questions fréquentes
Les divorces prononcés par les juges ont baissé de 13 % en 2020, surtout à cause du ralentissement des tribunaux.
Les divorces sans juge sont passés de plus de 51 000 en 2019 à plus de 71 000 en 2021, selon le notariat.
Les confinements ont mis en lumière des situations de violences, et des dispositifs d’alerte ont été renforcés.
Ils varient selon les juridictions. Votre avocat peut vous indiquer le délai de votre tribunal.




