Quel coût aura un harcèlement par messages qui continue des années après le divorce, si chaque échange sur les enfants devient une occasion de menaces ou d’humiliations ? Les violences psychologiques ne s’arrêtent pas toujours avec le jugement. La loi continue de vous protéger.
Alors voyons comment les reconnaître, et comment agir. Et voyons ce que vous pouvez faire dès demain, parce que le harcèlement par un ex-conjoint est un délit, que des preuves simples permettent de le démontrer, et que des outils comme l’ordonnance de protection ou les échanges par tiers restent possibles après le divorce. En cas de danger, appelez le 17.
📌 Ce qu’il faut retenir : Je résume : le harcèlement moral par un conjoint ou un ex-conjoint est un délit, puni plus sévèrement que le harcèlement ordinaire. Gardez toutes les preuves, limitez les échanges à un canal écrit centré sur les enfants, déposez une main courante ou une plainte, et demandez si besoin une ordonnance de protection, possible aussi entre ex-conjoints. Le 3919 accompagne.
Reconnaître les violences psychologiques
Les violences psychologiques prennent des formes variées : messages insultants ou menaçants répétés, dénigrement devant les enfants, chantage aux enfants ou à l’argent, surveillance, appels incessants, menaces de procédure à chaque désaccord. Leur répétition et leur effet sur votre santé les distinguent d’un simple conflit.

La répétition fait la différence.
Pourtant les victimes minimisent souvent ces comportements, parce qu’ils ont existé pendant la vie commune ou parce qu’ils passent par des messages anodins en apparence, alors que leur accumulation dégrade la santé, le travail et la relation avec les enfants. Notez chaque épisode. Datez-le. C’est fréquent. Alors vous verrez la répétition apparaître.
Ce que dit la loi
Le harcèlement moral commis par un conjoint, un partenaire ou un ex-conjoint est un délit spécifique du Code pénal, puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende lorsqu’il entraîne une incapacité de travail de huit jours au plus ou aucune. Les peines sont plus lourdes si les conséquences sont plus graves ou si un mineur en est témoin.
Le divorce ne met pas fin à la protection.
Ainsi, la loi vise expressément les faits commis par un ancien conjoint, ce qui permet de porter plainte pour un harcèlement qui se poursuit après le jugement, sans avoir à démontrer de violence physique, à condition de prouver la répétition et ses effets sur votre santé. Rassemblez vos preuves. Consultez un avocat ou une association. Notez-le. Alors vous saurez quelle voie choisir.
Article 222-33-2-1 du Code pénal
Il réprime le harcèlement moral du conjoint, du partenaire de PACS ou du concubin, y compris lorsque les faits sont commis par un ancien conjoint.
Garder les preuves
Conservez tous les messages, courriels, messages vocaux et publications, avec leur date. Faites des captures d’écran complètes, montrant l’expéditeur. Notez les épisodes dans un carnet daté. Les certificats médicaux attestant de votre état de santé, et les témoignages de proches, complètent le dossier.
Ne supprimez rien, même les messages blessants.
Cependant ne répondez pas aux provocations de la même manière, car vos propres messages seraient aussi lus par le juge, et un constat dressé par un commissaire de justice donne une force particulière aux messages les plus graves, en garantissant leur contenu et leur date. Sauvegardez hors du téléphone. Faites constater les plus graves. Le temps aide. Alors vos preuves seront solides.
Preuves utiles
Captures d’écran datées, messages vocaux, courriels, carnet de bord, certificats médicaux, attestations de proches, constat de commissaire de justice.
Limiter les contacts
Réduire les échanges au strict nécessaire limite les occasions de harcèlement. Un seul canal écrit, consacré aux enfants, avec des messages courts et factuels. Pas de réponse aux provocations ni aux sujets sans rapport avec les enfants. Les échanges d’enfants peuvent se faire à l’école ou par un tiers.

Moins de contacts, moins d’emprise.
Or l’ex-conjoint peut chercher à multiplier les sujets pour maintenir le lien, et il est utile de faire préciser par le juge les modalités de communication et de remise des enfants, voire d’organiser les échanges dans un espace de rencontre si les remises deviennent des moments de tension. Choisissez un canal unique. Bloquez les autres si nécessaire. Gardez une trace. Alors la pression diminuera.
✅ Ce qui protège
- Canal écrit unique
- Messages courts
- Remises par l’école ou un tiers
⚠️ Ce qui expose
- Réponses aux provocations
- Appels non filtrés
- Remises en face-à-face tendues
Réduire les contacts prive le harcèlement de son terrain.
Porter plainte et se protéger
Vous pouvez déposer une main courante pour dater les faits, ou une plainte pour harcèlement au commissariat, à la gendarmerie ou par courrier au procureur. Le juge aux affaires familiales peut aussi délivrer une ordonnance de protection, y compris lorsque les violences viennent d’un ancien conjoint, avec interdiction de contact.
L’ordonnance de protection vaut aussi entre ex.
Mais ces démarches demandent de l’énergie, et il est utile d’être accompagné par une association d’aide aux victimes ou un avocat, qui aide à constituer le dossier, à choisir entre plainte et ordonnance de protection, et à demander l’aide juridictionnelle si vos revenus le permettent. Appelez le 3919. Faites-vous accompagner. Le détail compte. Alors vous ne serez pas seul face à la procédure.
Numéros utiles
17 en cas de danger immédiat. 3919 pour les violences conjugales, gratuit et anonyme. 116 006 pour l’aide aux victimes.
Protéger les enfants
Les enfants exposés au dénigrement d’un parent par l’autre, ou utilisés comme messagers des menaces, en subissent aussi les effets. Le juge peut adapter la résidence, le droit de visite ou les modalités de remise si ces comportements se répètent. Le harcèlement commis en présence d’un mineur est puni plus sévèrement.
Les enfants ne doivent pas servir de relais.
Et un parent qui protège ses enfants de ces échanges, sans critiquer l’autre devant eux et en gardant un discours calme, se trouve dans une position solide devant le juge, qui peut aussi ordonner une enquête sociale pour évaluer l’effet du conflit sur les enfants. Gardez les enfants hors des échanges. Signalez leur exposition au juge. Chaque dossier diffère. Alors ils seront protégés.
Les pressions après la séparation touchent souvent les enfants, et nous expliquons que faire quand l’autre parent les manipule. Pour les situations de violence pendant la procédure, voyez comment protéger les enfants. Et pour les recours concrets face aux blocages, lisez notre page sur le divorce difficile.
Arbitrer pour votre sécurité
Les violences psychologiques peuvent continuer après le divorce, mais le harcèlement par un ex-conjoint reste un délit. Garder les preuves, limiter les contacts à un canal écrit, déposer une main courante ou une plainte et demander une ordonnance de protection permettent d’y mettre fin, avec l’aide du 3919, d’une association ou d’un avocat qui connaît ces situations.
Demain matin, qui absorbe ce coût ?
Vous, si le harcèlement reste sans réponse. Les enfants, s’ils servent de relais. Pourtant des outils existent après le jugement. Alors commencez par sauvegarder vos preuves. Quel message pourriez-vous mettre à l’abri dès demain ?
Questions fréquentes
Oui, c’est un délit spécifique du Code pénal, puni de trois ans de prison et 45 000 € d’amende, davantage selon les conséquences.
Oui, elle peut être délivrée lorsque les violences viennent d’un ancien conjoint.
Messages, captures d’écran datées, messages vocaux, carnet de bord, certificats médicaux et attestations.
Non, limitez-vous aux informations sur les enfants, par écrit, sans répondre aux provocations.




