Quel coût aura une procédure engagée trop vite, si l’assignation part sans dossier solide et que l’audience sur les mesures provisoires se tient sans vos pièces ? Depuis le 1er janvier 2021, l’audience de conciliation a disparu. Le divorce judiciaire commence autrement.
Alors voyons ce qui a changé dans le déroulé. Et voyons ce que cela change demain pour vous, parce que la réforme a supprimé une étape, mais elle a aussi déplacé le travail vers le début de la procédure, au moment où l’on est souvent le moins prêt à rassembler des preuves et des chiffres. La vitesse se prépare.
📌 Ce qu’il faut retenir : Je résume la procédure depuis 2021 : une seule phase, ouverte par une assignation ou une requête conjointe qui mentionne déjà la date de la première audience. Cette audience d’orientation fixe les mesures provisoires. Le gain de temps est réel quand le dossier est prêt dès le départ, beaucoup moins quand il ne l’est pas.
Ce qui existait avant 2021
Avant la réforme, le divorce judiciaire se déroulait en deux temps. Une requête initiale menait à une audience de conciliation, où le juge recevait les époux et fixait les mesures provisoires. Ensuite seulement, l’un d’eux pouvait assigner l’autre pour engager l’instance en divorce proprement dite.

Ces deux phases allongeaient la procédure.
Pourtant l’audience de conciliation avait un intérêt, puisqu’elle mettait les époux face au juge très tôt, sans avocat obligatoire pour la requête, et que certains couples y trouvaient un premier accord sur les enfants ou le logement avant que le conflit ne s’installe. Ce rendez-vous a disparu. Les mesures provisoires restent. Le détail compte. Alors le travail de préparation a changé de moment.
Ce qui ne change pas
Les quatre cas de divorce judiciaire restent les mêmes : acceptation du principe de la rupture, altération définitive du lien conjugal, faute, et consentement mutuel judiciaire.
Une procédure en une seule phase
Depuis le 1er janvier 2021, la procédure commence directement par une assignation ou une requête conjointe. L’avocat obtient une date d’audience auprès du tribunal avant de délivrer l’acte, qui mentionne cette date. L’instance en divorce est ouverte dès ce premier acte, sans étape préalable.
L’avocat est obligatoire dès l’acte initial.
Ainsi, la date à laquelle le juge verra les époux dépend du calendrier du tribunal, connu à l’avance, ce qui donne une meilleure visibilité qu’avant mais oblige aussi à respecter des délais précis pour placer l’acte auprès du greffe. Demandez la date dès le premier rendez-vous. Prévoyez votre budget d’avocat. Chaque dossier diffère. Alors vous connaîtrez le calendrier dès le départ.
L’audience d’orientation et les mesures provisoires
La première audience s’appelle audience d’orientation et sur mesures provisoires. Le juge y fixe les règles de la séparation pendant la procédure : attribution du logement, résidence des enfants, pension alimentaire, devoir de secours entre époux. Il oriente ensuite l’affaire pour la suite.
Les époux peuvent renoncer aux mesures provisoires.
Mais ces mesures s’appliquent souvent plus d’un an, et elles influencent la décision finale, car le juge hésite à bouleverser une organisation qui fonctionne pour les enfants depuis des mois, surtout sur la résidence et le logement familial. Préparez cette audience comme l’audience finale. Apportez vos justificatifs. Rien n’est figé. Alors les mesures refléteront votre vraie situation.
Le gain de temps, réel ou théorique
La suppression d’une étape devait raccourcir les divorces. Le gain existe quand les deux époux et leurs avocats sont prêts : la procédure démarre avec une date connue, et les échanges sur le fond commencent tout de suite. Dans ce cas, plusieurs mois peuvent être économisés.

Le délai dépend surtout du tribunal.
Or certains tribunaux restent très chargés, et la date de la première audience peut être lointaine, tandis qu’un dossier incomplet entraîne des renvois, des demandes de pièces et des échanges de conclusions qui effacent le bénéfice de la réforme. Rassemblez vos pièces avant l’assignation. Évitez les renvois. Vérifiez-le. Alors la réforme jouera en votre faveur.
✅ Ce qui accélère
- Dossier complet dès l’acte
- Accord sur les mesures provisoires
- Acceptation du principe de la rupture
⚠️ Ce qui ralentit
- Pièces manquantes
- Demandes d’expertise
- Tribunal très chargé
La réforme récompense la préparation, pas l’urgence.
Le choix du fondement dès le départ
L’assignation peut indiquer le fondement du divorce, sauf pour la faute et l’altération définitive qui peuvent être précisés plus tard. Depuis 2021, le délai d’un an de séparation pour l’altération définitive s’apprécie à la date de la demande, ou au jour du prononcé si le fondement est indiqué ensuite.
Le choix du fondement a des conséquences.
Cependant les époux peuvent toujours accepter le principe de la rupture en cours de procédure, ce qui permet de basculer vers un divorce moins conflictuel et de se concentrer sur ses conséquences, sans débattre des torts ni des dates de séparation. Discutez-en avec votre avocat. Pesez chaque option. C’est fréquent. Alors le fondement servira votre stratégie.
Quand préférer le divorce amiable
Si les époux s’entendent sur tout, le divorce par consentement mutuel sans juge reste plus rapide qu’une procédure judiciaire, même réformée. Il se conclut en quelques semaines après accord, avec 15 jours de réflexion et un dépôt chez le notaire pour 49,44 € TTC.
L’accord complet reste la voie la plus courte.
Et la procédure judiciaire peut elle-même se transformer en divorce amiable en cours de route, si un accord apparaît, ce qui évite d’attendre les audiences restantes et réduit les frais déjà engagés auprès des avocats et du tribunal. Gardez cette porte ouverte. Proposez la médiation sur les points bloquants. Notez-le. Alors vous ne paierez pas une procédure plus longue que nécessaire.
Cette suppression a raccourci le début des procédures, dont nous détaillons les étapes actuelles. Pour comparer les délais, lisez quelle procédure est la plus rapide. Et pour l’ensemble des changements, voyez notre point sur la réforme récente.
Arbitrer entre vitesse et préparation
La suppression de l’audience de conciliation a simplifié le divorce judiciaire en une seule phase, ouverte par un acte qui fixe déjà la date de la première audience. Le gain de temps n’existe que si le dossier est prêt, car les mesures provisoires fixées dès cette audience pèsent ensuite sur toute la procédure et souvent sur la décision finale du juge aux affaires familiales.
Demain matin, qui absorbe ce coût ?
Vous, si l’audience se tient sans vos pièces. Les enfants, si les mesures provisoires sont mal fixées. Mais un dossier préparé change tout. Alors réunissez vos justificatifs avant l’assignation. Quelle pièce pourriez-vous rassembler dès demain ?
Questions fréquentes
Non, elle a été supprimée pour les procédures engagées depuis le 1er janvier 2021. Elle est remplacée par l’audience d’orientation et sur mesures provisoires.
Oui. L’assignation ou la requête conjointe doit être faite par avocat, et chaque époux doit être représenté.
Non. Elles sont demandées dans l’acte initial et les époux peuvent y renoncer. Le juge les fixe à l’audience d’orientation.
Elle peut l’être si le dossier est complet et le tribunal disponible. Un dossier incomplet ou un tribunal chargé limite le gain.




